Dictée 3e : Il faudrait que chacun
Quatrième rendez-vous de l'année, cette dictée de troisième s'attaque à un mode qui, en fin de collège, fait encore hésiter beaucoup d'élèves : le subjonctif. On le croit réservé à quelques formules toutes faites, alors qu'il apparaît dès qu'un verbe exprime un souhait, une nécessité, un doute ou une concession. Le texte multiplie donc volontairement les déclencheurs, il faudrait que, bien que, avant que, pourvu que, pour vous forcer à repérer ces tournures, puis à conjuguer sans déraper.
Autour de cette difficulté centrale, quelques pièges classiques du niveau vous guettent : le ne explétif, qui ne nie rien ; l'accord d'un adjectif attribut placé loin de son sujet ; un homophone grammatical glissé au détour d'une phrase ; enfin la ponctuation d'un court passage rapporté, guillemets et incise compris. Un conseil : lisez chaque proposition jusqu'au bout avant d'écrire le verbe. C'est presque toujours la conjonction placée en tête qui commande le mode de tout ce qui suit.
- Longueur
- 128 mots
- Durée
- ≈ 9 min
- Difficulté
- Difficile
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Le texte de la dictée 3e
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée 3e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
Il faudrait que chacun prenne
Après « il faut / il faudrait que », qui marque la nécessité, la subordonnée passe au subjonctif : on écrit prenne, jamais « prend ». Le réflexe à casser, c'est de repenser à « chacun prend » (indicatif) ; ici la conjonction commande tout, donc « qu'il faut que chacun prenne ». Petit rappel utile : le subjonctif de prendre se forme sur la 3e personne du pluriel du présent (ils prennent), d'où le double n. Même moteur un peu plus loin dans qu'il fallait que l'on soit patient et que l'on agisse : soit (être) et agisse (agir) sont deux subjonctifs déclenchés par « il fallait que ».
que nous marchions, que nous traversions, que nous longions
Ces trois formes ressemblent à s'y méprendre à de l'imparfait, mais elles sont bel et bien au subjonctif présent : le « que » répété en tête de chaque proposition installe le mode. Aux 1re et 2e personnes du pluriel, le subjonctif des verbes du premier groupe se prononce comme l'imparfait (nous marchions), et c'est précisément là qu'on se fait piéger. Il faut donc raisonner sur la construction, pas sur l'oreille : « que nous marchions » dépend de l'idée de nécessité qui ouvre le texte, ce n'est pas un récit au passé.
Bien que tu sois jeune
« Bien que » exprime la concession et appelle toujours le subjonctif : sois, jamais « es ». L'erreur « bien que tu es », par contamination avec l'indicatif, est l'une des plus fréquentes en 3e. La règle ne souffre aucune exception : bien que, quoique, encore que → subjonctif. Un test rapide : remplacez par « quoique tu sois jeune », la forme sonne juste.
avant que la situation n'empire
Deux difficultés empilées. D'abord « avant que » réclame le subjonctif : empire est ici le subjonctif présent d'empirer, et non un nom. Ensuite, ce petit ne devant le verbe est un ne explétif : il ne nie strictement rien. Après « avant que », « de peur que » ou « à moins que », l'usage soigné ajoute par tradition ce ne sans valeur négative. La preuve par le sens : on veut agir avant que la situation empire, autrement dit avant qu'elle devienne pire, surtout pas « ne… pas ».
Pourvu que nous en ayons encore le temps
« Pourvu que » exprime le souhait et gouverne le subjonctif : ayons est le subjonctif présent d'avoir. Le piège orthographique, c'est le i parasite : « ayions » n'existe pas au présent, ayons ne prend qu'un y et rien après. C'est l'exact inverse de verbes comme « nous voyions » ou « nous croyions », où le i, lui, est obligatoire. Ici, on s'en tient à ayons.
s'y mettent
Homophone grammatical à surveiller de près : s'y s'écrit avec s' (pronom réfléchi élidé, mis pour « se ») suivi de y (pronom qui reprend l'idée de protéger la nature). Rien à voir avec « si » (la condition) ni avec « ci ». Le test : on peut dire « ils se mettent à cela », donc se + y = s'y. Quant au verbe mettent, il est au subjonctif après « je souhaite que ».
que nos efforts demeurent vains
Encore un subjonctif, cette fois commandé par « il serait dommage que » : demeurent, 3e personne du pluriel, terminaison -ent. L'adjectif attribut vains s'accorde avec son sujet « nos efforts », masculin pluriel, d'où le s final. Le vrai piège est la distance : quand on arrive à « vains », le mot « efforts » est déjà loin derrière, et on oublie de reporter le pluriel. Reliez toujours l'adjectif à son sujet avant de trancher la terminaison.
Elle voulait que je comprenne … l'emporte
« Vouloir que » est un déclencheur de subjonctif comme les autres : d'où comprenne (verbe comprendre), et non « comprends ». Même chose en clôture du texte avec « il serait dommage… que le découragement l'emporte » : l'emporte est le subjonctif présent d'emporter, et le l' est un pronom (mis pour la situation) accolé au verbe par apostrophe. Deux verbes de plus à ranger dans la longue liste des subjonctifs du passage.
Ma grand-mère / « Bien que tu sois jeune, disait-elle… »
Le passage rapporté concentre la typographie attendue en 3e. Grand-mère prend un trait d'union. Les paroles sont encadrées par des guillemets français « … », et l'incise disait-elle se glisse entre deux virgules à l'intérieur des guillemets, avec son propre trait d'union (verbe + sujet inversés). On retrouve la même inversion, toujours avec trait d'union, dans encore faut-il : le sujet il passe derrière le verbe, d'où faut-il et non « faut il ».
Les notions travaillées
- le subjonctif
- Subjonctif présent
- Ne explétif
- Homophone s'y / si
- Accord de l'adjectif attribut
- Ponctuation du dialogue