Dictée 4e : Protéger la forêt
Première dictée de l'année, et elle vise droit ce qui déstabilise en quatrième : le subjonctif présent. Ce mode surgit dès qu'un verbe exprime le souhait, l'obligation, la crainte ou le but, et il se glisse derrière de petites conjonctions que l'oreille laisse filer sans prévenir. Le texte, lui, raconte une sortie en forêt guidée par un garde soucieux de transmettre les bons gestes : chaque consigne qu'il donne fait apparaître, l'air de rien, un subjonctif.
Tout se joue au moment de choisir la terminaison. Faut-il écrire respectons ou respections ? La réponse dépend de la conjonction qui précède, et plusieurs de ces formes se déguisent en imparfait pour mieux vous piéger. Le corrigé les démonte une à une, verbe par verbe, avec l'astuce du remplacement qui coupe court à l'hésitation. Trois difficultés secondaires viennent corser l'exercice : le fameux ne explétif, l'accord d'un participe passé et un futur glissé exprès pour rompre la série.
- Longueur
- 125 mots
- Durée
- ≈ 8 min
- Difficulté
- Difficile
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Le texte de la dictée 4e
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée 4e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
qu'il faut que nous respections
La locution il faut que impose toujours le subjonctif : on n'écrit jamais « il faut que nous respectons ». Le verbe respecter donne donc respections, avec la terminaison -ions. Le piège est visuel : cette forme est identique à l'imparfait de l'indicatif « nous respections ». Pour trancher, remplacez par un verbe du troisième groupe comme faire : « il faut que nous fassions » sonne clairement au subjonctif, ce qui confirme le mode et donc l'orthographe.
pour que les animaux ne s'enfuient pas / afin que la faune retrouve
Les conjonctions de but pour que et afin que réclament le subjonctif. On écrit s'enfuient, et surtout pas « s'enfuyent » : le verbe s'enfuir se conjugue comme fuir (ils fuient). Attention, le ne de ne s'enfuient pas n'est pas explétif ici : c'est une vraie négation, épaulée par pas. Plus loin, dans afin que la faune retrouve son calme, retrouve est bien un subjonctif, même si au singulier il se confond avec l'indicatif.
Bien que la forêt paraisse immense
Bien que marque la concession et commande le subjonctif, jamais l'indicatif : impossible d'écrire « bien que la forêt paraît ». Le verbe paraître donne ici paraisse. Piège d'accent : contrairement à « il paraît », la forme paraisse ne prend aucun circonflexe. La règle est mécanique : sur ce verbe, l'accent ne survit que devant le t (il paraît, il connaît), pas ailleurs.
À moins que chacun ne fasse / Avant que la nuit ne tombe
Après à moins que et avant que apparaît souvent un « ne » dit explétif : dans ne fasse et ne tombe, ce ne n'a aucune valeur négative, il ne fait que meubler. L'erreur classique consiste à rajouter « pas ». Écrire « à moins que chacun ne fasse pas un effort » inverserait complètement le sens de la phrase. Notez au passage la forme irrégulière fasse (verbe faire), à mémoriser telle quelle.
que nous soyons attentifs, que nous prenions
Après il est essentiel que, tous les verbes basculent au subjonctif. soyons (être) et prenions (prendre) sont des formes irrégulières à connaître par cœur : soyons s'écrit avec un y, et prenions avec un seul n. Gare à la faute fréquente « prennions », avec deux n, qui n'existe pas. Entre les deux, ramassions, lui, suit sagement la règle régulière en -ions.
le garde veut que nous ayons quitté les lieux
Vouloir que exige encore le subjonctif. Comme l'action se situe avant un autre fait, on emploie le subjonctif passé : ayons quitté. Le participe passé quitté est ici employé avec l'auxiliaire avoir, donc il ne s'accorde pas avec le sujet « nous ». Le complément d'objet direct « les lieux » est placé après le verbe : aucune raison d'accorder. On écrit donc quitté, sans -s.
que nous cueillions le moins de fleurs / que nous éteignions
Après il souhaite que, on reste au subjonctif. cueillions et éteignions ressemblent à s'y méprendre à l'imparfait, d'où le vertige au moment de les écrire. L'essentiel est de garder le i de la terminaison -ions bien collé au radical : cueill- + -ions, éteign- + -ions. C'est précisément ce i, souvent gommé à l'oral, qui signe la forme correcte.
les arbres centenaires disparaîtront
Contre-exemple salutaire, pour ne pas tout basculer au subjonctif par réflexe : cette proposition est la principale, elle reste donc à l'indicatif. disparaîtront est un futur simple (les arbres disparaîtront), avec le circonflexe sur le i devant le t et la marque du pluriel -ront. L'adjectif centenaires s'accorde lui aussi avec arbres, au masculin pluriel.
Les notions travaillées
- le subjonctif présent
- Subjonctif présent
- Conjonctions suivies du subjonctif
- Ne explétif
- Accord du participe passé avec avoir
- Subjonctif présent ou imparfait de l'indicatif