Dictée 5e : Celle qu'il attendait
Une gare, un train qui ralentit, un cœur qui s'emballe : voilà le décor de cette cinquième dictée de l'année. Le texte suit Martin, immobile sur le quai, pendant les quelques minutes où l'attente devient interminable. À chaque phrase revient le même petit mot, sous des visages différents : tantôt quel qui s'accorde avec un nom, tantôt qu'elle qui cache le pronom personnel. C'est précisément là que la plume hésite, et que la note se joue.
Le niveau 5e demande de trancher vite, sans se laisser piéger par l'oreille : à voix haute, tout se prononce pareil. Le corrigé qui suit reprend chaque occurrence rencontrée, donne l'astuce de remplacement qui ne trompe jamais, et signale au passage deux ou trois chausse-trapes discrets glissés dans le récit. De quoi lire, écrire, puis vérifier calmement, mot après mot.
- Longueur
- 108 mots
- Durée
- ≈ 7 min
- Difficulté
- Difficile
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Le texte de la dictée 5e
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée 5e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
« quelle heure », « Quels souvenirs », « quel wagon », « Quelles retrouvailles »
Dans ces quatre cas, quel est un déterminant interrogatif ou exclamatif : il accompagne un nom et s'accorde avec lui en genre et en nombre. « quelle heure » : heure est féminin singulier ; « Quels souvenirs » : masculin pluriel ; « quel wagon » : masculin singulier ; « Quelles retrouvailles » : féminin pluriel. Le réflexe qui sauve : remplacer par un autre déterminant, ce/cette/ces (« cette heure », « ces souvenirs »). Si l'échange passe sans heurt, on écrit bien quel en un seul mot, et on n'oublie surtout pas de l'accorder avec le nom qu'il annonce, même quand ce nom est repoussé un peu plus loin dans la phrase.
« quelle déception », « Quelle émotion », « quels mots »
Même mécanique, cette fois dans des tournures exclamatives ou après un verbe. « quelle déception » et « Quelle émotion » : le nom qui suit est féminin singulier, donc -e final. « quels mots » : mots est masculin pluriel, donc -s. Le point d'exclamation, lui, ne commande aucun accord : on ne regarde jamais que le nom. Et surtout, on se méfie de l'oreille, car quel, quelle et qu'elle chantent exactement la même note.
« ce qu'elle penserait », « qu'elle descendait », « qu'elle ne pouvait », « qu'elle avait »
Ici, plus de nom derrière : qu'elle est la soudure de que (conjonction ou pronom relatif) et du pronom personnel sujet elle. Le test imparable consiste à basculer au masculin, qu'il : « ce qu'il penserait », « qu'il descendait », « qu'il ne pouvait », « qu'il avait », chaque phrase tient debout, donc on écrit qu'elle en deux mots, apostrophe comprise. Faites l'essai inverse sur « quelle déception » : « qu'il déception » ne veut strictement rien dire, preuve qu'il s'agit là du déterminant quelle, en un seul bloc. Ce va-et-vient entre les deux formes est exactement ce que la dictée cherche à vérifier.
« qu'ils s'étaient tant écrit »
Deux difficultés se cachent dans ce petit groupe. D'abord qu'ils : ceux qui s'écrivent, ce sont Martin et la jeune fille, un garçon et une fille. Un groupe mixte se met toujours au masculin pluriel, on écrit donc ils, jamais elles, même si une voix féminine domine le récit. Ensuite le participe : s'écrire fonctionne comme écrire à quelqu'un, si bien que le pronom s' est complément d'objet indirect. Or le participe passé d'un verbe pronominal ne s'accorde qu'avec un COD placé devant lui ; il n'y en a aucun ici. Écrit reste donc figé, sans -s ni -e, exactement comme dans « ils se sont parlé ».
« celle qu'il attendait »
Joli piège, glissé jusque dans le titre : celle n'est pas quelle. C'est un pronom démonstratif féminin, qui remplace un nom, ici la jeune fille attendue. On le repère en le remplaçant par celle-ci, celle-là, ou carrément par le nom : « la fille qu'il attendait ». Écrire quelle à cet endroit n'aurait aucun sens : « quelle qu'il attendait » ne se dit pas.
« son cœur », « déjà », « être »
Trois détails que les correcteurs ne pardonnent pas. Cœur s'écrit avec la ligature œ, ces deux lettres soudées : taper « coeur » compte pour une faute. Déjà réclame son accent grave sur le a final. Quant à être, il conserve son accent circonflexe, vestige d'un ancien s encore visible dans l'ancienne graphie estre. Accents et ligature ne sont pas décoratifs : ils font partie intégrante de l'orthographe du mot.
Les notions travaillées
- les homophones quel(s) / quelle(s) / qu'elle(s)
- Homophones quel / quelle / qu'elle
- Adjectif interrogatif et exclamatif
- Accord du participe passé pronominal
- Pronom démonstratif celle
- Ligature œ et accents