Dictée 5e : La veillée au village
Changez de décor: nous voici dans un village d'autrefois, un soir d'hiver, autour du feu. Le cadre est idéal pour faire tourner ensemble les deux temps du récit au passé. L'un installe le décor et les habitudes, l'autre fait surgir les actions et relance l'histoire. Cette quatrième dictée de la progression place donc l'imparfait et le passé simple côte à côte, précisément là où beaucoup d'élèves de 5e trébuchent encore.
Le vrai enjeu n'est pas de réciter les terminaisons par cœur, mais de sentir quand une action dure et quand elle tombe d'un coup. Le corrigé reprend les verbes du texte, explique pourquoi chacun se met à tel temps et signale les pièges qui se ressemblent à l'oreille, comme -aient et -èrent. On y glisse aussi quelques classiques du niveau: un participe présent qui refuse de s'accorder, des possessifs à surveiller et un trait d'union vite oublié.
- Longueur
- 124 mots
- Durée
- ≈ 8 min
- Difficulté
- Difficile
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Le texte de la dictée 5e
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée 5e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
se retrouvaient, ronflait, dansaient, filaient, l'imparfait du décor
Ces verbes plantent le décor de la veillée. « chaque soir d'hiver, les villageois se retrouvaient » exprime une habitude qui revient; « un feu ronflait », « les flammes dansaient », « les femmes filaient » décrivent des actions qui durent, en arrière-plan. C'est tout le rôle de l'imparfait: la toile de fond sur laquelle l'histoire va se dérouler. Terminaisons -ais, -ait, -aient. Astuce: on peut souvent glisser « était en train de » (le feu était en train de ronfler). Attention, le -aient de « dansaient » est muet: on ne l'entend pas, mais il marque bien la 3e personne du pluriel.
s'ouvrit, entra, s'assit, alluma, commença, le passé simple des actions
Sur ce fond immobile surgissent des actions brèves qui s'enchaînent: « la porte s'ouvrit », « le vieux Firmin entra », « Il s'assit », « alluma sa pipe et commença son récit ». Chacune tombe d'un coup, l'une après l'autre: c'est le passé simple, le temps du premier plan. Pour les verbes du 1er groupe (entrer, allumer, commencer), la 3e personne du singulier se termine par -a: entra, alluma, commença. Remarque que « commença » prend une cédille sous le c pour garder le son [s] devant la lettre a.
se redressèrent, fusèrent, ranima, le pluriel du passé simple face à l'imparfait
« se redressèrent » et « les rires fusèrent » sont au passé simple, 3e personne du pluriel des verbes en -er: terminaison -èrent, que l'on entend bien [èr]. Juste avant, « qui somnolaient » est à l'imparfait, avec son -aient muet. Deux orthographes voisines pour deux temps opposés: l'action ponctuelle (les enfants se redressèrent d'un coup) contre la description qui dure (ils somnolaient depuis un moment). Pour « on ranima le feu », le sujet on compte comme une 3e personne du singulier, d'où le -a, comme dans entra.
Quand il se tut, un passé simple irrégulier
« Quand il se tut » est le passé simple du verbe se taire, souvent raté. Il ne faut écrire ni « il se tait » (présent) ni « il se taisait » (imparfait): l'action est achevée, il s'est tu, puis le silence tombe. La forme juste est tut, sur le modèle de courir → il courut, boire → il but. Surtout pas de e final.
secouant la neige, le participe présent invariable
Dans « entra, secouant la neige de son manteau », secouant est un participe présent, reconnaissable à sa terminaison -ant. Il reste toujours invariable: jamais de marque de féminin ni de pluriel, quel que soit le sujet. Il exprime ici une action faite en même temps qu'une autre: Firmin entre tout en secouant la neige.
réparaient leurs outils / son manteau, les possessifs
« les hommes réparaient leurs outils »: plusieurs hommes, plusieurs outils, donc leurs au pluriel, avec un s. À comparer avec « son manteau » et « sa pipe », où il n'y a qu'un possesseur et un seul objet. On écrit leur, sans s, uniquement quand la chose possédée est unique.
jusque-là, n'entendait, n'osa, trait d'union et négation
« qui somnolaient jusque-là » réclame un trait d'union: jusque-là. Dans « On n'entendait plus que » et « personne n'osa bouger », le ne s'élide en n' devant la voyelle; il faut penser à l'écrire alors qu'on ne l'entend presque pas. Et avec personne… n', la négation est déjà complète: inutile d'ajouter pas.
Les notions travaillées
- l'imparfait et le passé simple
- Imparfait
- Passé simple
- Terminaisons -aient / -èrent
- Participe présent invariable
- Déterminants possessifs