Dictée CM2 : Une sortie au musée
Une classe qui part au musée, c'est une scène ordinaire... et un vrai nid à verbes. Chaque phrase ou presque en aligne deux ou trois, et c'est exactement là que le CM2 doit ouvrir l'œil. Entre aller visiter, montrer et a demandé, l'oreille ne fait aucune différence : le -er de l'infinitif et le -é du participe passé se prononcent pareil. À l'écrit, il faut pourtant choisir.
Le texte tend le piège plusieurs fois : tantôt après une préposition comme pour ou de, tantôt derrière un auxiliaire. Le bon réflexe, celui qui ne trompe jamais, tient en une manipulation : remplacer le verbe douteux par prendre ou vendre, dont l'infinitif et le participe s'entendent, eux, très différemment. On a glissé au passage quelques accords de participe passé et l'éternel a / à, histoire que la dictée reste un terrain d'entraînement complet, pas un simple exercice à trous.
- Longueur
- 99 mots
- Durée
- ≈ 7 min
- Difficulté
- Difficile
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Le texte de la dictée CM2
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée CM2, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
aller visiter, montrer, toucher, observer, poser, acheter, garder, avancer, parler
Le noyau de la dictée est là. Tous ces verbes gardent la terminaison -er de l'infinitif, jamais -é, parce qu'ils viennent juste après un autre verbe conjugué ou après un petit mot invariable : « pour aller », « voulait nous montrer », « de ne pas toucher », « par observer », « de poser », « pour garder », « il fallait avancer », « à parler ». Le truc infaillible, on le répète toute l'année : on remplace par un verbe du 3e groupe qui s'entend, prendre ou vendre. « pour aller prendre » sonne juste, donc infinitif en -er ; personne n'écrirait « pour aller pris ». Ça marche à chaque fois, sans exception.
a demandé, avons commencé, avons continué
À l'inverse, ces trois-là prennent -é. Ce sont des participes passés attachés à l'auxiliaire avoir : « nous a demandé », « avons commencé », « avons continué ». Reprends le test : « nous a pris » tient debout, « nous a prendre » est impossible, donc participe passé, donc -é. Petit rappel qui sauve des points : avec avoir, le participe ne s'accorde pas avec le sujet ; il reste au masculin singulier tant que le complément d'objet est placé derrière le verbe, ce qui est le cas ici.
s'est préparée
Gros piège d'accord dès le premier mot. Le verbe se préparer est pronominal et se construit avec être. Le sujet, « toute la classe », est féminin singulier : le participe doit donc s'accorder et prendre un -e, préparée. L'oreille n'entend que « préparé », mais l'accord, lui, ne se discute pas. Et attention à ne pas oublier le deuxième r, qui vient tout simplement du verbe préparer.
les œuvres exposées, d'immenses toiles peintes
Deux participes passés qui jouent ici le rôle d'adjectifs : ils s'accordent avec leur nom. « les œuvres » est féminin pluriel → exposées, avec -é-e-s. « les toiles » l'est aussi → peintes, avec un -e et un -s. Et surtout, on écrit peintes, du verbe peindre, pas « peintées » : le radical se finit par un -t. C'est le genre de mot qu'on a envie de régulariser à tort.
J'aurais aimé dessiner
Deux formes verbales collées l'une à l'autre, deux terminaisons opposées : de quoi trébucher. aimé est un participe passé (derrière l'auxiliaire aurais) → test « j'aurais pris » → -é. dessiner suit immédiatement ce verbe et reste à l'infinitif → « j'aurais aimé prendre » → -er. Au passage, note bien que le conditionnel aurais se termine par -s et jamais par -t : ce n'est pas « il aurait », c'est « je ».
fatigués mais ravis
Ces deux adjectifs se rapportent au sujet « nous », c'est-à-dire les élèves : masculin pluriel, donc -s à chacun, fatigués et ravis. L'oreille ne perçoit rien, mais le raisonnement, si. Rappelle-toi la série : ravi au singulier, ravis au pluriel, un seul s, pas de consonne doublée, contrairement à ce qu'on pourrait craindre.
il y a plusieurs siècles
Le classique a / à. Dans « il y a », a est le verbe avoir ; il s'écrit sans accent. La preuve par le remplacement : « il y avait plusieurs siècles » fonctionne, donc pas d'accent. Compare avec le à de « à parler », plus loin, qui est une préposition et prend, lui, l'accent grave. Pense aussi au -s de siècles (il y en a plusieurs) et à l'accent grave sur le è.
Les notions travaillées
- -é ou -er à l'infinitif
- -é / -er à l'infinitif
- Accord du participe passé
- Participe passé pronominal
- Accord de l'adjectif attribut