Dictée 4e : Le serment oublié
Une promesse faite un soir d'automne, puis les saisons qui passent sans que personne revienne. « Le serment oublié » raconte une attente: celle d'un enfant qui guette une silhouette au bout du chemin et qui comprend, peu à peu, que les paroles données ne suffisent pas toujours. Tout le texte fait entendre le temps qui glisse, du souvenir le plus lointain jusqu'à l'aujourd'hui du narrateur.
Cette troisième dictée de l'année place la concordance des temps au centre du travail. La règle tient en une idée: dès qu'un verbe principal bascule au passé, tout ce qui suit doit se régler sur lui. Une action encore à venir se dit alors au conditionnel, une action déjà accomplie au plus-que-parfait. Le corrigé suit chaque enchaînement, mot du texte à l'appui, et pointe au passage les accords de participe et les homophones qui font trébucher en quatrième.
- Longueur
- 119 mots
- Durée
- ≈ 8 min
- Difficulté
- Difficile
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Le texte de la dictée 4e
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Corrigé commenté
Chaque piège de cette dictée 4e, expliqué simplement, pour comprendre la règle, pas seulement corriger la faute.
reviendrait, tiendrait, rentrerait, surgirait, reparaîtrait, se souviendrait
C'est le cœur de la dictée: le futur du passé. Quand le verbe qui commande la phrase est au passé (« m'avait juré », « croyais », « espérions », « répétait », « me demandais »), une action encore à venir ne se met pas au futur mais au conditionnel présent. On juge aujourd'hui d'un retour attendu hier: « il m'avait juré qu'il reviendrait », et non « qu'il reviendra ». L'astuce: transpose la scène au présent. On dirait « il me jure qu'il reviendra » (futur); dès qu'on bascule au passé, ce futur devient « reviendrait ». C'est pour cela que l'on trouve « tiendrait », « rentrerait », « surgirait », « se souviendrait » et « reparaîtrait », tous en -rait, jamais en -ra.
m'avait juré, n'avait manqué, avait oublié, avait pensé
Pour dire qu'une action s'était produite AVANT une autre action passée, on emploie le plus-que-parfait (auxiliaire à l'imparfait + participe passé). Le grand-père « avait juré » avant que l'enfant ne « croie »; « jamais il n'avait manqué à sa parole » est antérieur à ce moment du récit. De même dans « je compris qu'il avait oublié »: l'oubli précède la prise de conscience. Le réflexe à prendre, c'est de remettre les événements dans l'ordre: le plus-que-parfait sert de passé du passé.
nous l'aurions déjà pardonné
Ici la concordance va plus loin encore: on exprime une action antérieure à un moment lui-même situé dans l'avenir du passé. Le grand-père imaginait (passé) qu'à son retour le pardon serait déjà acquis: d'où le conditionnel passé, « aurions pardonné », formé de l'auxiliaire « avoir » au conditionnel (« aurions ») suivi du participe. Le participe reste au masculin singulier parce que le COD « l' » (mis pour le grand-père) est masculin: placé avant le verbe, il commanderait bien l'accord, mais un masculin singulier ne laisse aucune trace à l'écrit. On écrit donc « pardonné », sans -e ni -s.
ces paroles qu'il nous avait données
Le piège classique de l'accord du participe passé avec « avoir ». En principe le participe reste invariable, MAIS il s'accorde avec le complément d'objet direct quand celui-ci est placé AVANT le verbe. On avait donné quoi? « qu' », mis pour « les paroles », féminin pluriel, placé avant « avait données ». Donc « données » prend -es. Test à l'oreille: remplace par un masculin, « les serments qu'il nous avait donnés », et l'accord s'entend.
s'il se souviendrait / qu'il / qu'elle
Trois homophones à ne pas confondre. « s'il » = la conjonction « si » élidée devant « il » (« je me demandais s'il se souviendrait »): impossible d'y mettre « qu' ». « qu'il » et « qu'elle » sont, eux, « que » + pronom sujet; c'est le sens qui fixe le genre: « qu'elle regrette » renvoie à « une voix », féminin. Surtout, ne pas écrire « quelle » (adjectif ou pronom interrogatif), qui n'aurait ici aucun sens.
persuadée, à la nuit tombée
Deux participes passés employés comme adjectifs, qui s'accordent avec le nom qu'ils qualifient. « persuadée » se rapporte à « Ma mère », féminin singulier: d'où le -e. Dans « à la nuit tombée », « tombée » s'accorde avec « nuit », féminin singulier. Ce sont des accords muets à l'oral, donc vite oubliés à l'écrit: on repère d'abord le nom noyau, puis on choisit la terminaison.
passèrent, tombèrent, compris
Le récit alterne imparfait et passé simple, et il faut les distinguer. L'imparfait décrit un état ou une action qui dure (« je croyais », « nous espérions », « elle l'attendait »); le passé simple marque au contraire des actions brèves qui font avancer l'histoire: « les semaines passèrent », « les neiges tombèrent », « je compris ». Attention à la 3e personne du pluriel du passé simple en -èrent, et à « je compris » (verbe comprendre, sans -t final).
Les notions travaillées
- la concordance des temps
- Concordance des temps
- Conditionnel (futur du passé)
- Plus-que-parfait
- Accord du participe passé
- Homophones grammaticaux